CALAMITÉ

Monsieur Gadou (guitare, trombone à tuyau), Isabelle Jelen (voix), Fabien Duscombs (batterie), Caty Olive (lumières)

Dessin : Vincent Marco

LA CRÉATION

« Ma Chérie, ceci n’est pas censé être un journal, et il se peut même que ça ne te parvienne jamais, mais j’aime penser à toi en train de le lire, page après page, un jour dans les années à venir, après que je serai partie. J’aimerais t’entendre rire en regardant ces photos de moi. Je suis seule dans ma cabane ce soir et fatiguée ». Ceci est la première lettre écrite par Calamity Jane à sa fille le 25 septembre 1877. Une vingtaine d’autres lettres suivront, de façon très irrégulière, jusqu’à la dernière écrite en juin 1902, quelques mois avant sa mort. « Je suis malade et n’ai plus longtemps à vivre. J’emporte de nombreux secrets avec moi, Janey. Je sais ce que je suis et ce que j’aurais pu être ».

 Une guitare, une batterie, une voix, un trombone à tuyau

et le souvenir de tous les westerns que nous avons vus, toutes les musiques qui accompagnent notre Amérique imaginaire, que le contenu des lettres vient dynamiter. L’Ouest de Calamity Jane est très loin de nos rêves, le spectre d’un western sauvage et enragé, de colère et de force de vie.

Le sens et le rythme des lettres ont guidé la composition, de telle sorte qu’il n’y a pas à l’écoute de notion d’accompagnement, mais une totalité musicale, dont la voix et la phrase sont partie prenante. Le texte ne donne pas lieu à une interprétation dramatique, mais à une interprétation lyrique (parlé / chanté), une sorte d’opéra à la voix blanche. À travers une grande simplicité dans le jeu, c’est l’émotion brute du texte qui se dévoile, la voix de Calamity au-delà de ses mots.

Version de plein air / version de plateau

Après avoir créé une version du spectacle pour les petits lieux, en plein air, dans une grande proximité avec le public où l’écoute ouvre l’espace du rêve, les artistes proposent aujourd’hui une version pour le plateau, avec un dispositif lumières créé en novembre 2016 en résidence au CCAM de Vandoeuvre-lès-Nancy.

Le dispositif scénique reste le même, absence de décor, simplicité du jeu, mais c’est la lumière qui ajoute une dimension supplémentaire, un autre niveau de lecture, qui chemine en parallèle de la musique, pour fabriquer le lieu imaginaire du spectacle, sa profondeur de champ.

« Les lettres de Calamity Jane à sa fille », traduction française de Marie Sully et Gregory Monro (éditions Payots et Rivages)
Musique et jeu : Monsieur Gadou (guitare, trombone à tuyau),  Isabelle Jelen (voix), Fabien Duscombs (batterie)
Lumières : Caty Olive

PRODUCTION : Sur mesure – Coproduction : Scène nationale de Vandœuvre les Nancy , Einstein on the Beach.

  Avec le soutien de la Ville de Bordeaux

Voir aussi :

CALAMITÉ DANS LA LUMIÈRE

Dessin : Vincent Marco Bonne nouvelle, « Calamité » revient, western musical et crépusculaire, illuminé -mais pas trop- par Caty Olive dans une version pour plateau de Théâtre. C’est le jeudi 16 mars à partir de 19h30 au cours de « 48 heures de désordres poétiques »...
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BIO(S)

Monsieur Gadou :

Après des études de guitare classique, il devient multi-instrumentiste autodidacte et, en 1993, champion d’Europe de musique improvisée.

Membre fondateur de Grand six(jazz), Nababs (électro), Chazam & Monsieur Gadou Champions d’Europe (musique improvisée), Monsieur Gadou & sa Secrétaire (traduction pop), L’orchestre du dimanche (modern mambo), Les fox-trotters (dancing 30’s),Yes Igor (concert spectaculaire).

Il est actuellement élève au conservatoire de Bordeaux (trombone).

Principaux festivals : Francofolies de Montréral, Montreux Jazz Festival, Eineken Festival (Israel), Festival international des musiques médiocres (France), Sigma (Bordeaux), Dour (Belgique), Bordeaux Jazz Festival, Rigas Ritmi (Lettonie). 

 

Isabelle Jelen :

Diplômée de l’école des Beaux-Arts de Bordeaux, elle co-fonde l’association de plasticiens Cuisines de l’immédiat. Artiste polymorphe, elle réalise selon le goût du jour des vidéos, des livres, des performances, des spectacles.

Ses vidéos ont été programmées au Confort Morderne (Poitiers), à la Friche de la Belle de Mai (Marseille), au CIPM (Marseille) à Bandimage (Bourges), au Musée d’Art Contemporain de Lyon, etc.

Ses textes sont publiés par les éditions de l’Attente (Bordeaux), les éditions Patin & Couffin (Marseille) et la revue Tissu (Suisse). Elle a réalisé des lectures et des performances au CIPM (Marseille), au Capc (Bordeaux), Au salon de la poésie de Nantes, à Art 3 Centre d’Art (Valence), à Arteleku (San Sebastien), au Festival des Musiques Médiocres (France).

Depuis 2005, elle fait partie du collectif Yes Igor. Elle est cofondatrice du duo Monsieur Gadou & sa Secrétaire.

 

Fabien Duscombs :

Fabien Duscombs, batteur et percussionniste, est un musicien autodidacte emblématique de la scène des musiques improvisées Toulousaines.
Il fonde en 1996 le CUF (Complot Ultra Frêle), collectif Toulousain de « musiciens fortement préoccupés par la canalisation et l’épanouissement de leur créativité »,  aujourd’hui dissout.
Attaché au jeu en collectif, il donne beaucoup d’importance aux projets de groupes. Il est très impliqué au sein de Freddy Morezon, notamment en tant que membre de Cannibales & Vahinés, le Tigre des Platanes, Ostaar Klaké, la Friture Moderne ou encore Bedmakers.
Il a participé et participe encore à de nombreux projets musicaux comme Whahay, The end, Farm Job, Kazanchis trio, the Tobrogoï, Le Grand Écart du Singe, Rosa Luxemburg New Quintet, et a joué en compagnie de musiciens comme Noël Akchoté, Denis Badault, François Merville, Médéric Collignon, John Tchicai, Paul Rogers, Heddy Boubaker, Sebastien Cirotteau, Mathieu Werchowski, Christine Wodrascka, Olivier Sens, Eugene Chadbourne, G.W. Sok ou Akosh S…. Il travaille aussi avec des artistes éthiopiens tels que la chanteuse Eténèsh Wassié, le joueur de krar Mesele Asmamaw.
Aujourd’hui, il joue également avec Sylvain Kassap et Julien Touéry au sein du trio Kassap-Touéry-Duscombs, ainsi qu’en duo avec le guitariste Hasse Poulsen.

 

Caty Olive :

Formée en scénographie à l’ École Nationale Supérieure des Arts Décoratifs de Paris, Caty Olive partage ses activités entre des projets dans les champs du spectacle vivant, de l’ architecture ou d’expositions et réalise des installations plastiques. A travers ces activités volontiers diversifiées elle poursuit en particulier une recherche sur les mouvements de la lumière. Son intérêt pour des questions largement ouvertes sur l’espace la  conduisent également à intervenir ponctuellement auprès d’étudiants en école d’art.
Elle a participé à des projets chorégraphiques de la scène contemporaine avec : Marco Berrettini, Christophe Haleb, Martine Pisani, Myriam Gourfink, Emmanuelle Huynh, Claudia Triozzi Vera Mantero, Tiago Guedes, David Wampach, Donata D’Urso, Cindy Van Acker, Joris lacoste., Christian Rizzo. Site internet : catyolive.com

PRESSE

Calamity Jane aurait écrit 32 lettres à sa fille qui ne la connaissait pas. […] Isabelle Jelen n’en a choisit que 16, et elle les présente de manière brute, posée, sans jouer. Comme autant de morceaux où elle est accompagnée à la guitare par Monsieur Gadou et à la batterie par Fabien Duscombs, qui -on peut compter sur eux- ne feront pas l’affront à Calamity Jane de tomber dans le cliché du « Wild wild west », animés qu’ils sont par un grand sens de l’improvisation : c’est la moindre des choses avec une femme tellement à part.

Ces morceaux sont un peu tristes, car son histoire l’est, même si elle était pleine de vie et d’aventures éructantes. Et comme les voyages étaient plus qu’aléatoires à l’époque, ici aussi, il y aura quelques arrêts, puis des enchainements, des pauses, des soubresauts. « Calamité » est une aventure, une invitation à prendre le train en marche et à le suivre, jusqu’au bout.

Céline Musseau ©Sud-Ouest