Prune Bécheau

BIO

Prune Bécheau vitravaille et viterre en Dordogne. Elle se forme classique dès son plus jeune âge avec le violon, puis se forme baroque un peu plus tard, puis se déforme et se réforme encore un peu après. Aujourd'hui, elle s'adonne à différentes pratiques, noise collective et lutherie improvisée, musiques festives et circonstancielles, détournement de radios commerçantes, enregistrements de terrain et de matière, punk expérimental et chanson minimaliste, no-wave en bois et variété italienne, hard-tek acoustique et jeux d'archets, compositions pour appeaux ou pour pluie. Depuis début 2011, elle développe sur violon baroque des extensions des usages de l'archet, en explorant les possibilités offertes par les frottements longitudinaux, transversaux et torsionnels du crin sur la corde, et par les différents paramètres de pression, d'inclinaison et de vitesse d'archet. Elle est par ailleurs membre des groupes Urs Graf Consort et Pancrace Project, au sein desquels elle chante et joue également du clavier (piano, orgue ou synthétiseur).

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SOLO "TRIPES ET POILS"

(conjonctions paramétriques dévouées entre boyaux de mouton et crins de cheval)

Prune Bécheau : violon baroque amplifié

C'est le crin de cheval qui rencontre le boyau de mouton. Y sont expérimentées les forces de frottement transversales mais aussi longitudinales et torsionnelles ainsi que leurs agencements. Il y va de l'expérience combinatoire des paramètres qui mettent en relation la corde et le crin _ pression, inclinaison et vitesse d'archet _ et du travail de leur conjonction vibratoire. Et ce n'est pas par iconoclasme que les frottements proscrits ou au mieux tolérés chez les débutants _ surpressions, hauteurs non-fixes ou harmoniques doubles communément regroupées sous le nom de «crin-crin» _ sont accouchés, mais par la sincère et dévouée tentative de mettre bas méthodiquement.

PRESSE

«  L'émission débute avec Prune Bécheau et « Tripes et Poils » sorti en autoproduction en novembre 2014. Celle-ci propose un retour à l'état sauvage de son instrument, le violon baroque. Prenant ainsi le contrepied parfait par rapport au milieu bien trop humain dans lequel nous sommes habitués à l'écouter évoluer. Il devient ainsi bois, tripes et poils, en référence aux matériaux qui le constitue, dans l'ordre, son corps, ses cordes et son archet.
Cette bestialité ne s'arrête pas au changement de perception que Prune Bécheau souhaite que l'on adopte par rapport à son violon. Car c'est aussi dans son approche brute de l'instrument qu'elle s'exprime également. Elle le frotte, elle le gratte, elle le fait crisser voire crier tel un animal parfois en souffrance,...
Et si nous y pensons bien, c'est ce qui est arrivé au mouton dont les boyaux ont servi, afin que le sonore se fasse ici. 
Sur certaines de ses pièces on oublie parfois le contexte animalier dans son écoute, pour tendre vers une qualité plus synthétique, voire même numérique, quand on a l'impression d'entendre des glitchs tout droit sortis d'une corruption de données. On pense aussi quelques fois aux soupirs de la porte de Pierre Henry mais aussi, plus récemment, à Austin Buckett et son utilisation tout aussi particulière de la caisse claire cette fois.» 
Radio Campus Bordeaux, émission « Déphasage », 02 mars 2016, par Antoine Hubineau
 
"C'était un voyage fabuleux, une équipée sauvage, du grincement de vieux chênes pris dans la tempête, aux cris d'oiseaux et plaintes d'animaux, des barques emportées dans un courant, au travail acharné et amplifié d'insectes. Je croyais aussi entendre le battement des artères dans un corps, puis le travail répétitif d'un artisan, un rituel archaïque aux origines de l'homme, une tribu lointaine..."
A propos du concert dans le cadre du festival « Noise #6 » au Théâtre du Ring à Toulouse, 15 décembre 2016, par Huguette Borros