PRUNE BÉCHEAU

Prune Bécheau  vitravaille et viterre en Dordogne. Elle se forme classique dès son plus jeune âge avec le violon, puis se forme baroque un peu plus tard, puis se déforme et se réforme encore un peu après. Aujourd’hui, elle s’adonne à différentes pratiques, noise collective et lutherie improvisée, musiques festives et circonstancielles, détournement de radios commerçantes, enregistrements de terrain et de matière, punk expérimental et chanson minimaliste, no-wave en bois et variété italienne, hard-tek acoustique et jeux d’archets, compositions pour appeaux ou pour pluie.

PROJETS

TRIPES & POILS

Elle développe sur violon baroque des extensions des usages de l’archet, en explorant les possibilités offertes par les frottements longitudinaux, transversaux et torsionnels du crin sur la corde, et par les différents paramètres de pression, d’inclinaison et de vitesse d’archet.

URS GRAF CONSORT

JOEL GRIP – Contrebasse
SIMON SIEGER – Accordéon, trombone à piston, tuba
ADRIEN BARDI BIENENSTOCK – Voix, nez, bouche, mains
PRUNE BÉCHEAU – Violon baroque

À l’embouchure des conduites intestines et des cavités résonantes, nous fondons des réunions antagonistes entre cordes en boyaux, cordes vocales et trompes diverses. Bienvenus en palais mou, où les organes d’exhalaison combattent les organes de frottements dans des compétitions de bouches et des combats de cordes aux règles inventées à mesure de partie. Nous bavons sur nos langues pendues lorsque nous nous égosillons à nous dire quelque chose, c’est pour cette raison que nous sommes à la fois adversaires et partenaires (illuq disent les chanteuses inuites), à mi-chemin entre les championnats d’imitation du brâme du cerf et les joutes nautiques méthode languedocienne. Cette année, nous avons la chance de réunir les organes de Joel Grip (Dala-Floda, Suède – Berlin), de Simon Sieger (Meurthe et Moselle – Inde – Marseille), d’Adrien Bardi Bardi (Milan – Paris – Marseille) et ceux de Prune Bécheau (Dordogne – Paris).

Prune Bécheau & Denman Maroney duO

PRUNE BECHEAU — Violon baroque
DENMAN MARONEY — Hyperpiano

Denman Maroney et Prune Bécheau se déplacent dans leurs instruments de musique à la manière de cartographes en exploration sur le terrain (l’étendue géographique se révèle souvent plus large qu’initialement imaginée lorsqu’on y marche à pied…). Les contours des sons sont susceptibles d’être sans cesse repoussés par l’exploration élargie de l’objet-piano ou de l’objet-violon, chaque parcelle est susceptible d’être explorée dans ses moindres détails et recoins, et bien entendu les techniques employées déterminent fortement le tracé des reliefs, des lignes et des couleurs. Ainsi, Denman Maroney visite les cordes de son piano en direct (il utilise pour cela un panel très spécifique d’objets : deux barres de cuivres, deux solides cylindres en acier, trois bols tibétains chantants, deux feuilles rectangulaires en caoutchouc renforcé, une bouteille en plastique, deux paires de baguettes de marimbas, une cloche de vache suisse, l’emballage d’un CD) tandis que Prune Bécheau se déplace sur les cordes de son violon à l’aide de son archet colophané (elle effectue des mouvements longitudinaux, transversaux et torsionnels et y combine des paramètres de pression, d’inclinaison et de vitesse d’archet). Les paysages se dresseront peut-être un jour dans la carte (ou bien l’inverse)… 

Prune BéCheau & Isabelle  Duthoit

PRUNE BÉCHEAU – Violon baroque
ISABELLE DUTHOIT – Voix et clarinette

L’une et l’autre sont passionnantes à regarder, comme mues par une entente instinctive de l’ordre du zen… Ecrivant cela aujourd’hui, je repense à ces mots de Chris Marker dans Le Dépays : « Tout est dans le geste du tireur. La flèche n’a pas plus de but que n’en a la vie : ce qui compte c’est la politesse envers l’arc. »

David Sanson