CEREMONY

Didier Lasserre (batterie), Jean-Luc Cappozzo (trompette, buggle)

Photo ©Caroline Petit

LE DUO

On pourrait croire qu’ils jouent ensemble depuis toujours, poursuivant une conversation intime et métaphysique, une phrase unique élancée du fonds des terres vers le ciel. Lasserre attaché à creuser les sillons d’où s’élèveront les fulgurances d’une trompette d’abondance, et les rappelant au sol d’un glas légèrement sarcastique, dont Cappozzo semble se rire. Étrange cérémonie dont la solennité incessamment se brise dans un silence où l’auditeur, bercé d’une folle mélancolie, se prend à croire à la joie. N’est-ce pas ce qu’on appelle le duende ?

PRESSE

Assez honnêtes pour ne pas toujours « sonner pareil », Cappozzo et Lasserre étonnent en conséquence, c’est-à-dire : encore. Dans un murmure la batterie se lève, et un rebond sur tom réveille la trompette. C’est une note haute portée quelques secondes faite bientôt hymne subtil. Ensuite, Cappozzo claironne sur le lent remuage de la batterie, s’obstine et même rue sur peaux, et puis finit par retrouver la position rentrée qui était la sienne au début de l’échange. Difficile de résumer autrement la miniature qu’est Ceremony’s A Name for the Rich Horn, procession improvisée d’intensité, et même de valeur. »

Guillaume Belhomme © Le son du grisli